Comment FiTI contribue à la durabilité du commerce de produits de la pêche

GENEVE – 03 Octobre. A l’occasion du Forum Public 2018 de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), la FiTI a été invitée par la FAO à contribuer à la session « Instruments de la FAO soutenant la durabilité du commerce du poisson et des produits de la pêche ».

Chaque année, le Forum Public de l’OMC ouvre ses portes à des délégations commerciales venant du monde entier, mais aussi à des universitaires, à des représentants de gouvernements et à tout autre participant intéressé par les enjeux commerciaux. Pour la deuxième année consécutive, la FAO était invitée à organiser un événement sur la pêche, mettant en évidence l’intérêt grandissant pour le secteur. Cet engouement pour le secteur de la pêche peut aisément être compris en analysant les chiffres de la FAO : aujourd’hui, selon l’Organisation onusienne, le poisson et les produits de la pêche représentent 50,4% des échanges commerciaux de produits agricoles à travers le monde en termes de valeur.

Destinée à un public composé en majorité de non-spécialistes de la pêche, cette session avait vocation à mettre l’accent sur l’importance de garantir une production et un commerce durables de produits halieutiques partout dans le monde. Après avoir présenté les principales conditions d’une pêche durable, l’objectif était également d’expliquer que des solutions et instruments cherchant à rendre la gestion de la pêche plus durable existent déjà, des instruments qui peuvent permettre de progresser vers la réalisation des Objectifs du Développement Durable (ODD). C’est le cas en particulier pour l’ODD 14, qui définit des objectifs clairs à atteindre d’ici 2020 en termes de conservation et d’exploitation durable des océans et des ressources marines.

Au fil des années, la FAO a conçu un certain nombre d’instruments et de directives visant à appuyer une bonne gestion du secteur de la pêche tout le long de la chaîne de valeur, en commençant par le Code de Conduite pour une Pêche Responsable en 1995. D’autres instruments ont ensuite suivi, s’attelant à fournir des solutions à des enjeux majeurs du secteur tels que la lutte contre la pêche INN ; la durabilité du secteur de la pêche à petite échelle ; ou encore les systèmes de documentation des captures, pour lesquels la FAO a publié en 2017 des lignes directrices.

Le lien entre tous ces instruments ? le besoin d’information, ou de transparence. Un principe fondateur du commerce selon l’OMC, et une condition essentielle présente dans tous les instruments de la FAO.

Le besoin de transparence est précisément la raison pour laquelle la Fisheries Transparency Initiative (FiTI) a été créée. L’objectif de la FiTI est de renforcer la transparence et la participation dans la gouvernance de la pêche pour une gestion plus durable des pêches maritimes. En augmentant la disponibilité et la fiabilité d’informations sur la gestion de la pêche d’un pays dans ses eaux juridictionnelles, ainsi que sur les activités des pêcheurs et des entreprises de pêches qui s’y déroulent, la FiTI cherche à soutenir des instruments tels que ceux de la FAO, qui dépendent de la disponibilité de ces informations pour avoir un impact. Concernant la durabilité du commerce des produits de la pêche, la FiTI requiert par exemple que les pays participants publient un certain nombre d’informations clefs sur le secteur de la pêche post-capture et sur les échanges commerciaux (Standard FiTI, B.1.7.).

Les discussions lors du Forum Public de l’OMC 2018 ont démontré le caractère transversal de la pêche, un secteur qui touche un large nombre d’enjeux, tels que la durabilité environnemental, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la cohésion sociale, mais également les investissements et le commerce. Les différentes interventions ont également mis le doigt sur le besoin d’action collective en vue d’établir des règles du jeu équitables entre tous les acteurs de par le monde par le biais de la transparence et de la participation.